Tour d’horizon de la situation politique en France

This post is also available in: English (Anglais) Deutsch (Allemand)

Le mois d’avril a vu l’État français attaquer sur tous les fronts de lutte : interventions policières violentes sur la ZAD, contre des occupations étudiantes et dans des manifestations, attaques médiatiques et fermeté politique assumée contre les travailleurs en grève.

A partir du lundi 9 avril, 2.500 gendarmes ont envahi la ZAD et commencé à détruire des lieux d’habitations. En 4 jours, ils en ont expulsé une trentaine, non sans rencontrer une résistance acharnée. Le samedi 14 avril, 10.000 personnes manifestaient à Nantes en soutien à la ZAD. Le lendemain, nous étions plus de 15.000 à venir sur la zone pour essayer de reconstruire des maisons (sans succès), affronter les gendarmes et exprimer notre soutien à la ZAD. Malgré cet élan massif de solidarité, le gouvernement a maintenu une ligne dure en menaçant d’expulser l’ensemble de la ZAD, si les occupants ne remplissaient pas des demandes de régularisation, ce qu’un grand nombre d’entre eux a finalement décidé de faire.

Les occupations des universités de Tolbiac (Paris 1), St Charles (Paris 1), Nancy, Metz et Montpellier ont été expulsées par les flics. Tandis que des menaces d’expulsion planent sur plusieurs autres universités en lutte.

Pour autant, la lutte continue sur de nombreux fronts. Les cheminots continuent à faire grève 2 jours sur 5 et menacent de poursuivre leur mouvement jusqu’au mois de juillet s’ils n’obtiennent pas satisfaction. A Air France, les salariés ont entamé un bras de fer avec la direction et sont déjà à plus de dix jours de grève. Dans les hôpitaux, le personnel soignant commence également à se mobiliser.

De nombreuses universités continuent partout en France à alterner assemblées générales massives, blocages et parfois occupations.

Le 19 avril, plus d’une centaine de manifestations ont eu lieu dans toute la France, rassemblant près de 300.000 manifestants.

A Paris, la manif du 19 a vu un cortège de tête extrêmement nombreux et diversifié, regroupant étudiants, autonomes, syndicalistes et travailleurs de tous horizons. Le soir de l’expulsion de Tolbiac (vendredi 20 avril), plus de 1.000 personnes sont parties en manif sauvage. Le mardi 24, jour de grève des cheminots, deux actions ont rassemblé des centaines de cheminots, étudiants et grévistes de tous les secteurs : le blocage de l’entreprise de logistique Geodis (liée notamment à la SNCF) et, à Gare du nord, un envahissement des voies ferrées, suivi d’une manif sauvage.

Dans les semaines à venir sur Paris

Le 1e mai, la grande manifestation unitaire partira à 14h30 de la place de la Bastille et rejoindra la place d’Italie (en passant par le boulevard de la Bastille, la place Mazas, le pont d’Austerlitz et le boulevard de l’Hôpital). La manif libertaire de la CNT partira à midi de la place des Fêtes, et rejoindra le point de départ de la manifestation principale.

Nous avons appris de source sûre que la préfecture craint grandement de potentiels débordements pendant la manifestation unitaire et déploiera un dispositif sécuritaire conséquent. Cela n’entame en rien notre détermination mais nous appelons également tous les camarades à faire preuve de ténacité et à être attentifs à toutes les opportunités qui pourraient prendre place durant la soirée et la nuit.

Les universités de Censier, St Denis et Nanterre continuent à être occupées. D’autres occupations ponctuelles pourraient avoir lieu.

Les lycéens appellent, à partir du lundi 30 avril, à des blocages et des manifestations chaque jour de la semaine à 11h à place de la Nation.

Les cheminots seront en grève jeudi 3 et vendredi 4 (puis mardi 8 et mercredi 9). Le 3 mai, des appels à faire grève circulent dans plusieurs secteurs : fonction publique, éducation, milieu hospitalier. Des actions auront certainement lieu en lien avec ces grèves.

Le 5 mai, un appel a été lancé pour une manifestation nationale anti-Macron à Paris.